Comme toute association oeuvrant en Guinée, Nantes-Guinée a plus d'une fois fait le constat, qu'en France, on parlait trop peu de ce pays. Etait-ce dû à son isolement historique après le "non" à De Gaulle en 1958 ? au fait que la Guinée a été épargnée des conflits des pays voisins ?... C'est peut-être quelque part pour palier cette carence que la Plate forme Guinée des Pays de la Loire a retenu un axe "éducation au développement" de façon à faire connaître la Guinée auprès de la population française...
Curieusement, tout comme lors des deux épisodes de grève générale des mois précédents, les événements de janvier et février ont eu très peu d'échos dans les médias français, du point de vue de l'information (plus de 200 morts et des centaines de blessés, pourtant ! ) et encore moins en ce qui concerne l'analyse qui devrait en découler. Pourquoi ce manque d'intérêt chronique pour la Guinée ? Que faudrait-il de plus pour focaliser les projecteurs ?
Pourtant il y a matière à débat : absence de guerre civile, de rébellion armée, d'intervention militaire extérieure, ... rôle-clef des syndicats et de la société civile... Faut-il en conclure que le travail d'associations comme Nantes-Guinée, qui contribuent à l'émergence de la société civile, est de peu d'intérêt aux yeux des faiseurs d'opinion ?
Ce sont les Guinéens qui ont la clef pour résoudre leurs problèmes mais, vu la gravité de la situation économique et avant la mise en place de réelles réformes, il faudra l'aide politique et financière des pays riches au nouveau gouvernement guinéen, en même temps qu'un appui à la société civile. C'est cette société civile et les syndicats qui ont la responsabilité de contrôler l'exécution des accords signés et de se remobiliser si les engagements de l'Etat ne sont pas tenus.
Informer en France de ce qui se passe en Guinée, c'est faire en sorte que cette société civile guinéenne ne soit pas isolée (donc fragilisée) ou trompée.