VERS L'EXERCICE DES DROITS HUMAINS ET DE LA CITOYENNETE.
Au moment de la grave crise qu'a connue la Guinée début 2007, Nantes-Guinée dans l'intérêt qu'elle a manifesté pour la population, a rappelé, les objectifs qu'elle poursuivait : "participer à l’effort de lutte contre la pauvreté en améliorant l’accès aux soins des populations par la promotion d’une démarche solidaire de mutualisation et l’émergence d’une société civile en mesure de participer à la définition et à la gestion des systèmes de santé." Nantes-Guinée intervient à différents niveaux en accompagnement de la société civile (organisée au sein des mutuelles) dans une démarche d'autonomisation.
Appuyer le développement de mutuelles, c'est faire le choix d'organismes solidaires à but non lucratif et à fonctionnement démocratique (la voix de chaque adhérent compte pour l'élection des délégués de sa mutuelle). Les vraies mutuelles (comme dans les pays du Nord) appartiennent au secteur de l'économie sociale et solidaire. Les décisions, dans le cadre de la loi, restent à l'initiative des instances représentatives élues ; les financements ne proviennent ni de fonds publics, ni d'actionnaires privés. A terme, les mutuelles doivent s'autofinancer par les cotisations de leurs membres. Nantes-Guinée agit en permettant aux Guinéens de définir eux mêmes les priorités à mettre en œuvre, en les accompagnant dans la mise en place et dans l'organisation des instances de décision (assemblée générale, conseils d'administration, bureaux...) et dans les formations aux tâches techniques (suivis administratif, comptable, financier...). Le souci de faire, en respectant les droits humains et la citoyenneté, se concrétise dans l'aide à l'émergence des compétences pour des fonctions politiques (administrateurs, délégués...). Autre exemple d'incitation à l'autonomisation et à la pérennisation des mutuelles (donc au développement de la société civile et de la citoyenneté) : les aides financières servent aux investissements de démarrage, jamais au fonctionnement des mutuelles, dont le coût doit être inclus dans le montant des cotisations. Toute la mise en œuvre de ces principes se fait sous la responsabilité du chef de projet expatrié, par l'équipe de techniciens guinéens préalablement formés par Nantes-Guinée. En oeuvrant ainsi, Nantes-Guinée et ses partenaires mutualistes n'ont pas choisi la voie de la facilité. Nantes-Guinée doit accepter de voir partir des collaborateurs précieux. Il faut se dire alors que les compétences acquises ont permis à l'intéressé de pouvoir faire un choix professionnel. De leur côté, les mutuelles et les mutualistes attendent autre chose qu'une assistance. Nantes-Guinée ne donne pas de médicaments, n'envoie pas sur place de soignants... Quand ce type d'aides disparaît, les projets peuvent se retrouver brutalement sans moyens faute d'avoir incité à l'autonomisation. L'absence d'indépendance qu'elle soit politique ou économique est, on le sait, incompatible avec l'exercice de la citoyenneté.
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